13 juin 2011

La route, de Cormac Mc Carthy

J'avais déjà entendu parler de cette histoire il y a plusieurs mois, quand j'avais vu la bande-annonce du film qui avait été adapté, et le ton sombre ainsi que l'univers apocalyptique qui allait avec m'avait intrigué. Alors quand j'ai vu le partenariat des éditions .2 j'ai pas hésité une seconde ! =D

 

la route

L'apocalypse a eu lieu.

Le monde est dévasté, couvert de cendres.Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d'objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid.

Et ce qui reste d'une humanité retournée à la barbarie.

Comme peut le laisser suggérer le résumé, dès le début on est happé par cet univers  de désolation qu'est devenue la Terre. Pourtant on apprend peu de choses sur ce monde : On sait que nos deux héros doivent aller au sud et que le paysage est constamment gris, recouvert de cendre. Et pourtant on a pas besoin de plus pour saisir l'ampleur du drame qui s'est déroulé.

En quelques mots, on arrive parfaitement à saisir le désespoir du père, et encore plus celui du fils, de cette jeunesse sans avenir, condamnée à errer sans fin.

L'histoire en elle-même n'est pas basé sur des rebondissements extravagants, mais malgré cette absence de fil conducteur (sauf si on considère la traversée elle-même comme une intrigue) on a toujours envie d'en savoir plus, car, grâce au talent de McCarthy et à ses sous-entendus, on sait que nos héros ne sont en sécurité nul part, et que leur morne routine peut être brisée à chaque virage.

L'écriture est assez spéciale elle aussi, dans le style de l'univers. Elle aide grandement à s'identifier aux personnages: peu de ponctuation, pas mal de répétition (à l'image de ces journées qui s'enchaînent sans fin), parfois on remarque une différence dans les dialogues, parfois non. Tout est disloqué, il n'y a plus de règles, juste un fil qui parcourt le monde.

Même si je n'ai pas l'habitude de dévoiler un extrait des livres que je chronique, cette histoire m'a tellement bouleversée que je pense qu'il faut en être soi-même témoin pour comprendre l'essence de l'histoire, en voici donc un court passage :

"Il gardait le petit à son côté, tout près de lui. La ville était en grande partie incendiée. Aucun signe de vie. Des voitures sous un agglomérat de cendre dans la rue, toute chose recouverte de cendre et de poussière. Des empreintes fossiles dans la boue séchée. Dans une entrée un cadavre desséché qui n'était plus que du cuir. Grimaçant comme pour insulter le jour. L'homme tire l'enfant contre lui. Rappelle-toi que les choses que tu mets dans la tête y sont pour toujours, dit-il. Il faudra peut-être que t'y penses.

Il y a des choses qu'on oublie, non ?

Oui. On oublie ce qu'on a besoin de se rappeler et on se souvient de ce qu'il faut oublier."

 

logo-point2

Voilà en ce qui concerne le roman à proprement parler. Je dois maintenant évoquer l'objet en lui-même, qui est une particularité propre à cette maison d'édition. En effet son format atypique est censé permettre à son utilisateur de l'emmener partout.

Pour ma part je ne sais pas trop quoi en penser. Son petit format n'empêche pas une lecture fluide, c'est vrai, et il est facile à tenir (lorsqu'on voyage en tram/métro et qu'on a qu'une seule main de libre c'est très pratique). La couverture est rigide et ne s'use pas, comparés aux couvertures traditionnelles.

Cependant je trouve les pages trop fines (tellement qu'on voit un les paragraphes au verso), et du coup j'ai souvent m'y prendre à plusieurs fois pour ne pas en feuilleter plusieurs d'un coup. De plus en ce qui concerne mon roman il n'y a pas de chapitre, du coup c'est un peu gênant pour retrouver la page. Peut-être qu'en ajoutant une ficelle ça serait plus simple ? (oui parce qu'évidemment avec ce format, les marques-pages traditionnels sont beaucoup trop grands ^^)

Etant donné que ce type de livre doit donc sûrement être utilisé dans les transports, je pense qu'utiliser le principe de nouvelles plutôt que de romans seraient plus adapté à ce genre de lecture ponctuelle et courte.

Mais surtout, le principal point noir (qui est d'ailleurs revenu souvent revenu dans la conversation sur Livraddict) ... C'est le PRIX ! Plus de 10 euros pour un livre de poche c'est juste pas possible. Je comprends tout à fait qu'une nouvelle maison d'édition à besoin de financement rapide, mais tout de même... 

Pour finir, je remercie donc Livraddict et les éditions Point2 pour ce partenariat qui fut très intéressant, tant pour l'histoire qui m'a littéralement bouleversée que pour tester ce nouveau format. Si le prix est revu à la baisse, j'achèterais sans doute d'autre ouvrages !

 

Ps: en bonus, la vidéo de lancement qui est juste énorme ^^ (en grande fan des produits Apple je ne pouvait qu'apprécier ce clin d'oeil !)


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